Spiritualité et moralité

Introduction

La moralité est la conduite, l'attitude en rapport avec la morale, l'éthique.
La morale est l'ensemble des règles d'actions et des valeurs considérées comme la "norme" dans une société, l'éthique étant la réflexion préalable à l'élaboration de ces règles.

Règles de conduite religieuses

Toutes les religions ont donné des règles de "bonne conduite". le coran en sont un exemple typique. Un autre exemple, commun à toutes les religions est "Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas que l'on vous fasse."

Aspect philosophique de la morale

Kant, dans "Fondements de la Métaphysique des Moeurs", a développé une morale du devoir et de la raison.

Spinoza, dans "L’Éthique" a défini le contenu d’une existence "parfaite et heureuse".

Bergson dans "Les deux sources de la morale et de la religion" a opposé la morale close, celle de la société, basée sur la contrainte, la peur du gendarme, à la morale ouverte, aspiration à la vertu, un appel à quelque chose de supérieur (éloge du héros et du saint).

Attitude spirituelle, attitude morale

Il n'y a ni bien ni mal, mais seulement des expériences d'évolution. Telle est la conception d'un certain nombre d'instructeurs actuels, qui n'est pas si loin de la réflexion de Shakespeare: "rien n'est bon ni mauvais, mais y penser le rend ainsi". Les ésotéristes enseignent que le karma d'un homme est chargé quand il prend conscience de son acte.

L'homme ne doit pas essayer toutes les directions en dépit du bon sens; connaître les enseignements des maîtres est nécessaire, mais non suffisant: il doit les expérimenter lui-même.

La moralité naturelle et la moralite conventionnelle.

Primo, la moralité ; il n’existe rien de tel dans le bouddhisme, incidemment ... Ce terme est l’équivalent de ce que traditionnellement l’on appelle action attentionnée. Les bouddhistes orientaux ne parlent pas de moralité, ils parlent d’action attentionnée. Et les actions attentionnées sont des actions qui résultent de ce qu’on appelle les états d’esprit positifs. Des états d’esprit libérés des formes grossières de cupidité, d’aversion, d’ignorance, et qui par conséquent ne font pas de mal à soi-même ni aux autres, voire, au contraire, peuvent être bénéfiques. Alors la moralité, dans ce sens, est essentielle dans le bouddhisme. C’est fondamental. Mais en même temps, on considère sa valeur comme strictement limitée. La moralité, dans ce sens, prépare le chemin pour l’expérience de la seconde grande étape, celle de la méditation. Mais le bouddhisme insiste lourdement sur le fait que la moralité par elle-même, l’action attentionnée par elle-même ne peut nous mener directement à l’expérience, à la réalisation de l’inconditionné. La moralité, dans son sens bouddhiste, est similaire à la rampe de lancement d’une fusée. La fusée ne peut être lancée sans sa rampe de lancement ; mais une fois la fusée dans les airs, sa rampe de lancement reste à terre, elle ne part pas dans les étoiles. Donc la moralité, l’action attentionnée, dans le bouddhisme, n’est pas identique à la vie spirituelle. La moralité est considérée comme partie de la vie spirituelle, seulement un moyen d’accéder à une fin ; la fin immédiate étant la méditation, la fin ultime étant la sagesse voire la réalisation de l’inconditionné. Et incidemment, je dois mentionner aussi que le bouddhisme fait le distinguo entre la moralité naturelle et la moralité conventionnelle.

La moralité naturelle.

La première, la moralité naturelle, est celle qui possède une fondation psychologique qui consiste en des actions expressives d’états mentaux attentionnés.

La moralité conventionnelle.

La seconde, la moralité conventionnelle, est simplement une émanation de la coutume, de l’opinion, très souvent très locale, et n’a pas de signification morale réelle.

Donc, par moralité, dans le sens bouddhiste de première étape de la voie spirituelle, l’on ne fait pas référence à la moralité conventionnelle mais bien à la moralité naturelle. La moralité dans cette optique, moralité en tant qu’action attentionnée, correspond au segment blanc, la moitié blanche du second cercle de la roue de la vie. Ce segment blanc mène vers le haut, mène à la périphérie du cercle, à la périphérie du champ gravitationnel du conditionné. Mais ce segment blanc lui-même est encore à l’intérieur de ce champ gravitationnel, partie et parcelle de ce champs.

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