Sophrologie

En complément d'information, vous pouvez consulter la fiche Psychothérapie. Vous y trouverez une vue d'ensemble des multiples approches psychothérapeutiques - incluant un tableau guide pour vous aider à choisir les plus appropriées - ainsi qu'un exposé sur les facteurs de réussite d’une thérapie. La sophrologie, avec plusieurs autres techniques, fait partie des Approches corps-esprit. Une fiche complète présente les principes sur lesquels se fondent ces approches, ainsi que leurs principales applications potentielles. Présentation haut On peut entendre parler de sophrologie dans divers contextes et penser, chaque fois, qu'il s'agit d'approches différentes. C'est qu’elle vogue dans des eaux métaphysiques, qu'elle prétend au titre de science, que la théorie se présente sous un vocabulaire relativement compliqué - comme sophro-correction sérielle ou protection sophro-liminale - tandis que certains de ses exercices mentaux tiennent parfois de la simple pensée positive. Mais, pour la majorité des utilisateurs, la sophrologie est une technique de relaxation s'apparentant à l'hypnose, en ce sens qu'elle amène le sujet dans un état de conscience qu'on pourrait dire « désencombré ». Le sujet est alors capable de se concentrer d'une manière exceptionnelle sur un besoin spécifique. Il peut s'agir, par exemple, d'atténuer les douleurs causées par un traitement médical, de préparer un examen ou une compétition, d'abandonner une dépendance ou de réduire les effets du stress. (On trouve dans les sites de références des exemples qu’on peut écouter en ligne.) Le terme a été créé à partir des mots grecs sos (harmonie), phren (esprit) et logia (étude), combinaison à laquelle les sophrologues donnent le sens « d'étude de l'harmonisation de la conscience ». Outils et modes de pratique Très largement inspirés des techniques d’autohypnose, de yoga, de méditation, ainsi que du training autogène, ses outils comprennent surtout des exercices mentaux et respiratoires, des visualisations et certains exercices corporels. Plusieurs exercices sont axés sur l'attention aux sensations physiques, car la représentation corporelle jouerait un rôle très important sur la conscience. En ce sens, la sophrologie pourrait faire partie des

thérapies que l'on dit psychocorporelles. Pour illustrer le processus capable d'amener la conscience hors de son état habituel, mentionnons un exercice mental basé sur le paradoxe (comme il en existe dans le zen) : assis, les yeux fermés, les mains en coquille sur les oreilles, imaginer que l'on entend de la musique classique de l'oreille droite et du jazz de l'oreille gauche. Deux modes de pratique Par soi-même, pour soi-même. On peut apprendre les exercices appropriés et les pratiquer ponctuellement, à la manifestation d'une douleur, par exemple. On peut aussi répéter quotidiennement une séquence d'exercices (parfois avec un support audio enregistré) dans le but de poursuivre un travail de développement personnel : stimuler sa motivation ou sa créativité, se défaire d'une dépendance, s’affirmer face à l’autorité, s'ouvrir spirituellement, etc. (Voir les Sites d’intérêt pour des exemples sonores.) En consultation avec une personne formée. Dans ce cas, le sophrologue induit chez le sujet l'état de conscience requis et l'amène, avec son accord préalable, à « reprogrammer » son comportement (pour régler un problème ou accomplir une tâche). Il n'y a aucun contact physique. D’Occident et d’Orient La sophrologie a été mise au point au milieu du XXe siècle par Dr Alfonso Caycedo, neuropsychiatre colombien alors établi en Espagne, qui s'intéressait particulièrement aux états et niveaux de conscience : veille, vigilance, concentration, attention flottante, coma, etc., ainsi qu’à l'hypnose médicale. Après avoir sérieusement étudié la phénoménologie et séjourné pendant deux ans en Orient pour s'initier à certaines techniques d’accès à des états de conscience non ordinaires, il crée officiellement la sophrologie en 1960. Au fil de l'expérimentation, Dr Caycedo crée deux familles de techniques. Les relaxations dynamiques, qui comprennent plusieurs exercices empruntés au yoga, au bouddhisme et au zen. Elles sont destinées à mieux connaître son corps, à relaxer mentalement, à stimuler l'hémisphère droit du cerveau et à élever le niveau de créativité et d'intuition. Le sujet est initié par étapes à cette pratique. Les sophronisations, qui se pratiquent à l'intérieur d'une relation privée sophrologue-client. D'un ton monocorde, le sophrologue amène le client dans un état cérébral d'ondes alpha et l'entraîne dans

le travail de suggestion mentale sur lequel ils se sont préalablement entendus. Toujours plus haut Les principaux acteurs et auteurs de cette approche ne cachent pas leurs prémisses, qui relèvent d'un univers nettement plus spirituel que scientifique1 : L'être humain est un tout, une entité. Le bonheur est en soi et on ne le trouvera nulle part ailleurs. L'objectif ultime de cette pratique est d'atteindre l'état supérieur de la conscience « sophronique » – ce qui correspond au satori dans le zen ou au samadhi dans le yoga. Notons que quelques voix se sont élevées pour accuser la sophrologie de pratiquer du lavage de cerveau et d'enrôler les gens dans une secte; ce débat a toujours cours. La sophrologie prétend toutefois renforcer la personne dans toutes ses structures, tant physiques que psychologiques; la plupart du temps, disent les praticiens, cela suffit pour que les symptômes de détresse ou de maladie régressent. Il est clair que certains chefs de file de la sophrologie pèchent par excès d'enthousiasme : « Si les Orientaux mettent une ou plusieurs vies pour atteindre l'état supérieur, écrit l’un d’eux1, il n'est pas impossible pour nous Occidentaux d'atteindre ce stade en quelques mois d'entraînement intensif ». Mentionnons finalement que plusieurs médaillés olympiques ainsi que des cosmonautes russes auraient utilisé la sophrologie au cours de leur entraînement. Si en Europe, son berceau, on trouve beaucoup de praticiens et d'écoles de formation, l'Amérique du Nord ne semble pas avoir suivi le mouvement; les grands sites américains d'approches alternatives n'en font pas mention. Applications thérapeutiques haut Recherches Le peu d’articles publiés au sujet de la sophrologie (provenant majoritairement de France) relatent plus l’expérience personnelle d’experts que des résultats d’études cliniques évaluant l’approche. On ne peut donc se prononcer avec certitude sur son efficacité. Les articles traitent généralement de techniques pour réduire la douleur ou l'anxiété des patients, et de préparation à l'accouchement. Douleur La douleur est un phénomène complexe, à la fois physiologique et psychologique. On utilise la sophrologie pour aider le patient à contrôler le désagrément et l’intensité de sa douleur. Les diverses techniques visent, entre autres, à détourner l’attention du patient en suggérant, par exemple, le remplacement de la douleur par une sensation plus agréable (engourdissement). S’y associent généralement des suggestions pour diminuer l’anxiété et la peur de la douleur ainsi que pour augmenter la confiance en soi et le sentiment de sécurité. Un tel travail exige une importante implication de la part du patient, et un thérapeute adéquatement formé. Anxiété Dans la mesure où le stress et certains

problèmes psychiques sont en lien avec diverses maladies, comme le psoriasis, la constipation, les ulcères et l'asthme, la sophrologie peut fournir des ressources en utilisant la parole, l’image ou simplement des techniques de respiration pour apprendre au sujet à diminuer son anxiété. Une personne entraînée peut y avoir recours dans des situations sur lesquelles elle se sera préalablement penchée au moment de ses pratiques. De plus, en suscitant une attitude positive, la sophrologie a pour but d'aider à mieux vivre et à s'épanouir. Préparation à l’accouchement Pendant la grossesse, la sophrologie aiderait la mère à établir une relation avec l’enfant à naître à travers des visualisations et à se préparer mentalement et physiquement à l'accouchement naturel. Au moment de l'accouchement, elle pourrait mieux prendre en charge le processus, gérer la douleur et oxygéner adéquatement le bébé (l'entraînement sophrologique consiste notamment en une respiration profonde, et non haletante comme celle couramment utilisée). Autres applications Apprentissage. Préparation à la réussite scolaire, amélioration de la concentration et de la mémoire, entraînement à la pensée positive et à la gestion du stress. La sophrologie peut être appliquée aux enfants. Sport. Motivation, préparation aux compétitions, gestion du seuil de douleur, affinement de la sensibilité interne, dépassement de la peur, régularisation du sommeil. Section Applications thérapeutiques Recherche, rédaction et révision scientifique : Dr Sylvie Dodin, M.D., M. Sc et Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l’enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université Laval. (mai 2005) En pratique haut Pratique individuelle de développement personnel Il existe plusieurs livres permettant de s'initier aux techniques de base, mais comme c'est le cas pour de nombreuses approches - que ce soit le yoga ou la danse - il est préférable de suivre d'abord un entraînement auprès d'une personne adéquatement formée. On peut également suivre une formation personnelle dans une école. Le programme de base varie selon les établissements, mais correspond à environ 90 heures de cours théoriques et pratiques, avec un nombre égal d'heures d'entraînement personnel. Il se déroule généralement en étapes successives d'apprentissage, pour toucher quatre dimensions : sensorialité, sentiment-émotion-cognition, intuition et transcendance. Enfin, il est possible de trouver des initiations moins élaborées, notamment dans des centres communautaires ou de loisirs.

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